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Faire sortir les vieilles du placard avec Julie Gaucher

  • Photo du rédacteur: katerina
    katerina
  • 29 mai
  • 2 min de lecture

Vieilles : le mot n’a rien de poétique. Pourtant, il donne son titre à un recueil de poèmes, écrit par Julie Gaucher et publié aux éditions Nos accointances : Les vieilles.



Dans cette galerie de portraits, des vieilles de tous bords sont croquées, mises à l’honneur :

quinquas invisibilisées, prêtes à en découdre avec le sort qui leur est réservé à l’écran, hommage à l'AAFA-Tunnel de la comédienne de 50 ans ; femmes travailleuses, femmes au foyer, dont les mains sont polies à force de nettoyage et de tâches domestiques ; femmes exilées ; "vieilles filles" décriées ; femmes-mulets ; vieilles en Ehpad ; grands-mères aimées, mémés regrettées.


Les vieux aussi y ont leur place : vieux communistes, "pépés rêveurs", férus de politique ; proches partis trop tôt et qui n’ont pas vieilli, vieux avortés.


De sa plume sensible, Julie Gaucher aborde des sujets qui fâchent, avec une tendresse qui en adoucit les contours, les rend moins difficiles à appréhender : le deuil et l’absence ; la précarité ; la ghettoïsation dont les vieilles et les vieux font l’objet ; la solitude ; le rapport au corps vieillissant, le temps qui passe et ses effets ; l’invisibilisation des femmes après 50 ans sur nos écrans.


Sorcières attachantes


Mais ce n’est pas tout. Dans Les vieilles, il est aussi question d’amour et de tendresse ; de la puissance des liens de cœur et/ou de sang qui nous unissent à ces femmes. Il est question de puissance tout court, de celle qui accompagne la transformation d’une chevelure en somptueuse "crinière blanche".


En creux, l’autrice dessine le portrait d’une génération silencieuse dont les représentants les plus âgés ont aujourd’hui plus de 90 ans. Une manière de faire sortir les vieilles du placard où on serait tentés de les parquer. Une manière de les faire exister. Et de célébrer au passage les "vieilles" solaires, sorcières attachantes et autres "sales connes" engagées qui nous entourent, et vous entourent peut-être.


Lisez-le si vous pouvez, offrez-le peut-être : Les vieilles vaut le détour.  

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